Syndicat National FO des Employés de Casinos et Cercles de France

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focasino.info COCUS MAIS CONTENTS - JEC 16

 

 

Un an après le communiqué commun patrons/CGC/CFDT et CFTC, où en est-on ?

C’était il y a tout juste un an. En octobre 2008, les deux syndicats patronaux, Casinos de France (Barrière, Tranchant, Joa…) et Casinos Modernes (Partouche) proposaient aux syndicats de salariés de signer une déclaration commune et de la rendre publique.

 En s’appuyant sur une baisse de la fréquentation estimée à presque 13 % (alors qu’elle n’était réellement que de 8 %), le texte écrit par les casinotiers réclamait aux pouvoirs publics toute une panoplie de mesures réglementaires et fiscales « afin de soutenir l’activité des entreprises, de préserver les emplois de la branche et de favoriser le pouvoir d’achat des salariés ».

A l’époque, Force Ouvrière avait refusé de s’associer à cette initiative patronale, contrairement à la CFDT, la CGC et la CFTC. Nous avons en effet estimé que les chiffres avancés par les casinotiers étaient tronqués, puisqu’ils ne prenaient en compte que le PBJ sans se pencher sur la réalité économique de la branche.

Ce qui importe n’est pas de savoir s’il y a moins de clients dans les casinos mais si les entreprises continuent à gagner de l’argent ou si elles subissent des pertes.

Les patrons de casinos n’ayant pas voulu nous communiquer le nombre d’établissements déficitaires, nous étions plus que sceptiques sur la véracité des chiffres catastrophistes annoncés. Par ailleurs, nous avons estimé également que les revendications patronales en matière fiscale et réglementaire constituaient un danger pour les employés. Les patrons de Casinos et les trois syndicats de salariés qui s’y sont associés, réclamaient ainsi la possibilité de généraliser l’arrivée des jeux traditionnels électroniques qui visent à remplacer les emplois des JT par des machines automatiques.

Enfin, à propos des aides fiscales réclamées, beaucoup de salariés de la branche se souviennent encore qu’il y a quelques années, les patrons avaient sollicité les syndicats de salariés pour bénéficier d’aides financières à propos de la CSG.

A l’époque déjà, les casinotiers s’étaient engagés à redistribuer une partie des aides en direction des salaires. Sauf qu’une fois leurs revendications satisfaites, les groupes de casinotiers avaient soigneusement empoché la totalité des allégements sans que les employés en voient la couleur. « Chat échaudé craint l’eau froide » dit le proverbe et FO n’a pas choisi de croire sur parole Patrick Partouche qui affirmait, en octobre 2008, qu’il redistribuerait, sous forme d’augmentations de salaires, la moitié du montant des aides qu’il obtiendrait éventuellement.

Un an après le communiqué commun patrons/CGC/CFDT et CFTC, où en est-on ?

Les patrons des casinos ont obtenu du gouvernement une avalanche de mesures réglementaires et fiscales dont il convient de faire la liste :

 l’allègement de la fiscalité sur les Jeux traditionnels (+ 20 millions d’euros par an),

 la suppression de l’écart entre le théorique et le réel,

 la non limitation des tournois de poker,

 la possibilité d’organiser des tournois de poker en dehors des casinos et même en dehors de la commune où est implanté le casino,

 l’autorisation de mettre en place des jackpots multi-sites,

 la possibilité d’augmenter le nombre de machines à sous sans passer par la Commission Supérieure des Jeux,

 la possibilité de diminuer le nombre de tables de jeux traditionnels,

 la baisse de la TVA à 5,5 % sur la restauration (pour le seul casino d’Aix-en- Provence, cette mesure représente un bonus de 300 000 euros pour le second semestre 2009),

 la modification du barème des prélèvements opérés par l’Etat et les communes (+ 40 millions d’euros par an),

 l’ouverture, en 2010, de casinos sur internet : mesure qui va vider encore plus les casinos d’une partie de leur clientèle

Au total, les casinotiers ont donc obtenu dix mesures en douze mois de la part d’un gouvernement qui n’a visiblement rien à leur refuser.

Restent deux questions fondamentales :

1. Les patrons de casinos ont-ils «préservé les emplois» comme ils s’y étaient engagés ? NON.

Dans la quasi-totalité des casinos, on assiste depuis un an à une réduction d’effectifs tous azimuts : ruptures conventionnelles, plans sociaux, non renouvellement de CDD, diminution des embauches saisonnières, modification de plannings et réduction des horaires d’ouverture, se succèdent à toute allure.

Mises à part une ou deux exceptions, le phénomène touche tous les casinos et la diminution du nombre d’employés oscille, selon les cas, entre -10 % et -20 % et certaines entreprises risquent de voir leur Comité d’Entreprise (CE) supprimé prochainement car le nombre de salariés est passé sous la barre des 50.

Il faut préciser que toutes ces suppressions d’emplois ont lieu dans des entreprises qui ont réalisé des bénéfices en 2008 et qui vont en refaire en 2009 grâce à la générosité gouvernementale !

2. Les casinotiers ont-ils «favorisé le maintien du pouvoir d’achat des salariés ?» NON.

Pour beaucoup d’employés de casinos, l’année 2009 se sera traduite par une baisse du pouvoir d’achat. Les patrons de casinos, ont en effet, imposé des blocages de salaire en faisant croire qu’ils n’avaient pas les moyens de procéder à des augmentations. Pourtant, en 2008, les membres du clan familial qui dirige le groupe Partouche se sont partagés 2 millions d’euros à 7, et Patrick Partouche s’est attribué une prime exceptionnelle qui lui permet d’empocher, au total, plus de 540 000 euros.

Le 8 octobre dernier, la Commission Mixte Paritaire (qui réunit syndicats de salariés et organisations patronales) s’est réunie pour négocier les augmentations des minima conventionnels pour 2010.

Il s’agit d’une échéance importante puisque plus de la moitié des salariés de la branche sont payés au niveau de ce SMIC de branche et que le pourcentage de hausse annoncé nationalement sert de repère dans les négociations salariales menées dans chaque casino.

Tous les participants attendaient de voir le pourcentage d’augmentation proposé par les casinotiers aux poches dorénavant bien remplies.

Or, pour la première fois dans l’histoire de la branche, les patrons ont refusé toute augmentation des minima conventionnels, ce qui signifie un nouveau gel des salaires pour 2010.

Visiblement informées préalablement de la mesure patronale, les organisations de salariés (CFDT, CFTC et CGC) qui, depuis un an, « se déclarent solidaires » des patrons, ont semblé gênées quand Force Ouvrière a alors rappelé la longue liste de cadeaux gouvernementaux et les belles promesses faites un an avant.

Pourtant, cela ne les a pas empêchées, sitôt la réunion terminée, d’aller plaisanter aimablement avec les patrons de casinos comme à chaque suspension de séance et à chaque réunion.

La scène était presque touchante s’il ne s’agissait pas du salaire des 17 000 employés de la branche.

Pour un peu, on aurait entendu fredonner la chanson de Serge LAMA « J’suis cocu mais content ».