Syndicat National FO des Employés de Casinos et Cercles de France

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APPLICATION DE LA LOI EVIN DANS LES CASINOS : 

QUAND LES ARGUMENTS DES PATRONS FINISSENT EN FUMEE

 

C'est un texte qui aurait mérité une plus grande publicité car il est passé inaperçu. Le 4 avril dernier, le syndicat patronal Casinos de France rendait public un communiqué faisant état d'une « dégradation des résultats après trois mois d'interdiction du tabac dans les lieux publics ». Bigre ! Rédigé dans l'incomparable langue de bois chère aux organismes patronaux, il annonce « une baisse globale du Produit Brut des Jeux au premier trimestre 2008, à périmètre comparable, de -10% par rapport au premier trimestre 2007 », causée -toujours selon les employeurs-par l'interdiction du tabac.

Un lecteur non initié aux finesses et aux ruses déployées par les casinotiers pourrait s'inquiéter d'une telle dégradation économique. Mais le rôle d'un syndicat indépendant comme Force Ouvrière est aussi de démasquer les contre-vérités patronales et ce communiqué en est emblématique.

On se souvient, en effet, que les patrons de casinos ont passé une bonne partie de l'année 2007 à essayer d'obtenir une dérogation à l'interdiction de fumer en prétextant que cette mesure se traduirait par une baisse du PBJ de 30%. Où sont donc passés les 20% manquants ?

Par ailleurs, la baisse de 10% mise en avant par Casinos de France se constate « à périmètre constant », c'est-à-dire sans tenir compte de l'ouverture des nouveaux casinos ni des augmentations de parcs de machines à sous, ce qui change radicalement la donne.

Par exemple, le casino Barrière de Lille n'est pas comptabilisé dans le calcul patronal alors que, après une ouverture à l'automne 2007, il exploite 150 machines à sous depuis février 2008 et ambitionne de devenir le deuxième plus gros casino de France. En fait, le mode de comptage de Casinos de France est absurde et malhonnête car il ne sert qu'à fournir des chiffres à la baisse, quitte à donner une image tronquée de la réalité. Imaginons un instant le ridicule qui s'abattrait sur un constructeur automobile qui publierait des chiffres « à périmètre constant », c'est-à-dire sans tenir compte de la commercialisation de ses nouveaux modèles ? Comme par hasard, Casinos de France ne publie aucun chiffre de PBJ qui tiendrait compte des nouvelles ouvertures et des extensions de parc de machines à sous.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les casinotiers se livrent à ce genre de manipulation. En 2007, les patrons ont eux aussi expliqué que l'instauration du contrôle de l'identité des clients entraînait une baisse du PBJ. Or, en fin d'année, le Ministère de l'Intérieur rendait public son rapport statistique annuel qui faisait état d'une hausse du PBJ de plus de 3%...

Une question se pose : pourquoi les patrons de casinos tiennent-ils tant à annoncer des chiffres en baisse (quitte à s'affranchir de la réalité du terrain) ? La réponse se trouve quelques lignes plus bas, dans le communiqué de Casinos de France : « Casinos de France demande aux pouvoirs publics un assouplissement dans les règles d'exploitation des casinos et dans les attributions des machines à sous » et réclament également la légalisation des casinos sur internet. Nous y voilà.

Prétextant une pseudo baisse de 10% du PBJ, les casinotiers en profitent pour demander au gouvernement la polyvalence généralisée qu'ils ne parviennent pas à obtenir dans les négociations de branches et l'autorisation d'ouvrir des casinos virtuels sur internet. Les pouvoirs publics se sont distingués ces dernières années en couvrant de cadeaux les casinos (arrivée du Texas Hold Em, accepteurs de billets, ticket in/ticket out, etc.). Vont-ils, une fois encore, accorder aux casinotiers des mesures dont seront victimes les employés et, au-delà, une grande part de la population ? Chacun sait, en effet, que l'arrivée des casinos sur internet se traduirait par une baisse de la fréquentation actuelle ainsi que par des risques considérables de blanchiment d'argent et de dépendance.

Lors d'un débat à l'Assemblée Nationale en novembre 2006, le ministre qui représentait le gouvernement s'était écrié : « Une légalisation des jeux de casinos sur internet entraînerait inévitablement une augmentation considérable de la consommation de jeux et des risques de blanchiment. En fait comme en droit, le casino virtuel n'a aucune existence en France ».

 

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loi Evin - Quelques dates -

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