La petite entreprise qui ne connaît pas la crise ?
Alors que 2009 s'achève, l'occasion d'analyser l'exercice 2008/2009t trop belle pour être ignorée. Si on remonte douze mois en arrière, chacun se souvient que les casinotiers expliquaient à droite à gauche qu'ils étaient au bord de la faillite et que si les établissements ne mettaient pas la clef sous la porte, c'était presque par bénévolat tant les pertes s'accumulaient. Même s'ils n'ont pas dû faire trop d'efforts pour y parvenir, les patrons de casinos ont même réussi à se faire soutenir et consoler par la CFDT, la CFTC et la CGC dans ce moment douloureux.
Dans une intersyndicale d'un genre nouveau (syndicats patronaux et de salariés réunis), tout ce petit monde alla frapper à la sonnette du gouvernement pour y mendier quelques aides fiscales et réglementaires. Naturellement, des belles promesses furent faites : "Je m'engage à redistribuer aux salariés la moitié du montant des aides que nous obtiendrons !", déclara Patrick Partouche, dontla réputation d'homme de parole n'est plus à faire. Et tout au long de 2009, les aides se mirent à pleuvoir sur les casinotiers :
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une revalorisation des barèmes fiscaux avec effet rétroactif, soit un gain de 40 millions d'euros par an ;
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diverses modifications de la réglementation des jeux qui permettront :
- d'augmenter le nombre de machines à sous sans passer par la Commission Supérieure des Jeux et de mettre en place des jackpots multi sites,
- de généraliser le Ticket In-Ticket Out, ce système qui dématérialise l'argent et les emplois de caissier par la même occasion,
- d'exploiter des tables Texas HoldEm électroniques, c'est-à-dire qui fonctionnent sans croupier (les réclamations de ceux qui perdront leur emploi dans la foulée sont à transmettre à l'intersyndicale CFDT, Casino de France, CGC, Casinos Moderne et CFTC),
- d'organiser des tournois de poker en dehors du casino, ce qui permet de ne pas intégrer leur produit dans le PBJ ;
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une baisse de la TVA dans la restauration dès le 1er juillet 2009 ;
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et surtout, le vote de la loi autorisant les casinos sur internet : une mesure qui va leur permettre de gagner un maximum d'argent avec un minimum de personnel. Sur ce point, le Groupe Barrière a prouvé qu'il avait le sens de l'humour puisqu'il a appelé son site de casino online LeCroupier.com, alors qu'il n'y a précisément aucun croupier qui travaille dedans ! Un peu comme si le future site du groupe Partouche s'appelait SansFamille.com…
Alors que les casinotiers ont à peine digéré cette avalanche de cadeaux, on attend déjà pour 2010 :
- la suppression de la taxe professionnelle dès le 1er janvier,
- de nouveaux cadeaux fiscaux en matière de JT et de MAS.
Du reste, l'impact de ces mesures s'est tout de suite fait sentir sur les finances des casinos. Alors que la fréquentation reste inferieure à l'année précédente et que le PBJ recule, la plupart des casinos terminent l'exercice 2008/2009 en étant bénéficiaires ; tout comme ils étaient bénéficiaires sur l'exercice 2007/2008.
Par ailleurs, dans de nombreux casinos, les patrons ont multiplié les mesures pour diminuer les effectifs (PSE, ruptures conventionnelles, non renouvellement de CDD, etc.) et réduire la masse salariale (blocage des salaires, suppression de l'intéressement et de la participation…). En définitive, les casinotiers ont fait supporter aux salariés la baisse du PBJ alors que, dans le même temps, ils ont encaissé des dizaines de millions d'euros d'aides gouvernementales, le tout sous les applaudissements de la CFDT, de la CGC et de la CFTC.
En octobre, la réunion de la commission paritaire, était consacrée à l'augmentation des minima conventionnels pour 2010. Après la flopée de mesures financières encaissées tout au long de l'année, chacun attendait de voir l'ampleur de l'augmentation. On a vu.
Pour la première fois dans toute l'histoire de la branche, les patrons de casinos ont annoncé qu'il n'y aurait pas d'augmentation sans que les 3 supplétifs y trouvent à redire. Sans l'intervention de FO, la séance se serait même arrêtée sitôt l'annonce patronale faite…
La question qui est posée est la suivante : les milliers de salariés qui travaillent dans les casinos accepteront-ils de voir leur salaire bloqué une année de plus en 2010, alors que leur employeur empoche les aides gouvernementales par millions ?
Et c'est peut-être d'Amnéville que vient la réponse.
A l'appel de FO et de la CGT, les 178 employés de l'un des plus gros casinos de France seront en grève les 31 décembre et 1er janvier. Ils revendiquent, en effet :
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5% d'augmentation des salaires, - -
25% de majoration des heures de nuit, - -
la mise en place d'un treizième mois, - -
le maintien du pouvoir d'achat, - -
la reconnaissance de l'ancienneté par l’instauration d'une prime.
Chacun peut le constater, les revendications d'Amnéville pourraient très bien s'appliquer dans de nombreux casinos où les salariés sont confrontés aux mêmes problèmes.
Naturellement, tous les délégués syndicaux FO se sentent solidaires de leurs camarades d'Amnéville et s'efforceront de leur témoigner leur soutien.



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Cette grève 


